Centre de Radiofréquences, Optique et Micro-nanoélectronique des Alpes
Biocapteur bactérien pour la détection de la toxicité de l'eau par spectroscopie d'impédance
Antoine RICO
Mercredi 3 Juin 2026 à 9h30
Soutenance de thèse de RICO Antoine, pour une thèse de doctorat de l'Université Grenoble Alpes, spécialité " OPTIQUE et RADIOFREQUENCES "
Résumé :
L'eau de nos rivières est une ressource vitale constamment menacée par des pollutions industrielles accidentelles ou dues à des mauvaises pratiques. Pour protéger nos écosystèmes, il est crucial de pouvoir donner l'alerte rapidement en cas de contamination. Récemment, pour évaluer la toxicité de l'eau, les scientifiques ont développé des dispositifs appelés biocapteurs. Cependant, ces appareils nécessitent généralement des traitements chimiques complexes de leur surface de détection pour cibler un polluant très précis. Cette étape de préparation, appelée fonctionnalisation, les rend plus fragiles, limite leur durée de vie et augmente leur propre impact écologique.
Pour surmonter ces limites, cette thèse propose le développement d'un nouveau type de biocapteur électrique, conçu pour être simple, robuste et plus respectueux de l'environnement car dépourvu de tout traitement chimique de surface. Plutôt que de chercher à identifier un agent toxique spécifique, notre approche consiste à évaluer la toxicité globale de l'eau en utilisant des bactéries vivantes, à l’image des oiseaux sentinelles des mines industrielles du XIXe siècle. Le principe repose sur un phénomène biologique simple : lorsqu'elles sont en bonne santé, les bactéries maintiennent leur paroi intacte. En revanche, lorsqu'elles sont exposées à un environnement toxique, comme la présence d'un antibiotique ou d'un pesticide, leur enveloppe protectrice s'altère. Elles libèrent alors des ions dans le milieu environnant.
Notre dispositif permet de placer entre deux petites électrodes une quantité l'eau et utilise de très faibles courants électriques pour mesurer la résistance de cette dernière. Grâce à une méthode d'analyse mathématique, nous parvenons à isoler la signature spécifique des bactéries en cours de traitement parmi tous les autres éléments présents dans le liquide. Lors de nos expérimentations en laboratoire, le prototype a prouvé son efficacité en détectant avec succès la toxicité de polluants connus. À l'avenir, ces travaux ouvrent la voie à une nouvelle génération de capteurs miniaturisés, capables d'être utilisé très rapidement sur le terrain pour surveiller au mieux la santé de nos milieux aquatiques.
Membres du jury :
Pascal XAVIER, PROFESSEUR DES UNIVERSITES - Grenoble INP - UGA : Directeur de thèse
Elise GHIBAUDO, PROFESSEURE DES UNIVERSITES - Grenoble INP - UGA : Co-directeur de thèse
Philippe LÉVÊQUE, DIRECTEUR DERECHERCHE - CNRS : Rapporteur
Marie FRENEA-ROBIN, PROFESSEURE DES UNIVERSITES - Université Claude BernardLyon 1 : Rapporteur
Alain SYLVESTRE, PROFESSEUR DES UNIVERSITES - Grenoble INP - UGA : Examinateur
Cécile DUCLAIROIRPOC, PROFESSEURE DES UNIVERSITES - Université de Rouen Normandie : Examinateur
Leticia GIMENO-MONGE, MAITRESSE DE CONFERENCES - Grenoble INP - UGA : Invitée
Partenaires
Thèse préparée à CROMA(Centre de Radiofréquences, Optique et Micro-nanoélectronique des Alpes) , sous la direction de Mr Pascal XAVIER, superviseur.
Infos date
MERCREDI 3 JUIN 2026 à 9h30
Infos lieu
Salle Z108 PHELMA / MINATEC
3 rue Parvis Louis Néel 38016 GRENOBLE Cedex 1